Les trésors de la FW-B à Tournai

Tournai conserve au sein de ses musées 6 trésors classés par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La Fédération Wallonie-Bruxelles classe des biens culturels mobiliers sélectionnés pour leur grand intérêt artistique, esthétique, historique… La protection des biens culturels mobiliers touche un large éventail d’objets, allant des œuvres d’art aux objets archéologiques, aux pièces ethnographiques...

Musée des Beaux-Arts

Argenteuil, Edouard Manet (1874), Legs Van Custem – 1904, Tournai, Musée des Beaux-Arts

Chef- d’œuvre absolu de la révolution du regard dont l’artiste fut l’un des artisans, cette toile est le témoignage capital de la conversion d’Edouard Manet pour une audacieuse fragmentation de la touche dans une pratique de plein air. Cette toile est l’une des premières œuvres qui puisse être qualifiée d’impressionniste, de par son sujet naturaliste et sa facture audacieuse.

Un canotier et sa compagne assis sur un ponton d’amarrage. L’homme s’intéresse visiblement à sa compagne alors que celle-ci, inexpressive, regarde devant elle. L’œuvre a pour cadre le Petit Gennevilliers qui était le rendez-vous de tous les canotiers devant Argenteuil. Le canotier est Rudolph Leenhoff, beau-frère d’Edouard Manet.

Argenteuil Edouard Manet

Chez le Père Lathuille, Edouard Manet (1879), Legs Van Custem – 1904, Tournai, Musée des Beaux-Arts

Réalisé peu de temps avant la mort du peintre, ce tableau s’inscrit dans le désir qu’avait Edouard Manet d’aborder les loisirs et les plaisirs de Paris. Si la critique fut sévère pour l’aspect relâché et inachevé de l’écriture, les amis du peintre s’enthousiasment. Ultérieurement, la toile passera pour le chef-d’œuvre de l’artiste.

Chez le Père Lathuille, Edouard Manet

Dans le cadre verdoyant et apaisé du restaurant-jardin « Chez le père Lathuille », un jeune homme fait la cour à une jeune femme. Il s’agit de Louis Gauthier-Lathuille, petit-fils du propriétaire et probablement de Judith French, parente supposée du compositeur Offenbach.

Musée d’archéologie

Sarcophage antique en plomb à décor bachique 280-300

Découvert le 15 février 1989, ce sarcophage en plomb est unique en Belgique. Sur la cuve aux parois décorées, on remarque deux motifs principaux : un centaure marin à la musculature détaillée, tenant une conque sur l’épaule et une scène dionysiaque montrant le vieux Silène en train de s’enivrer, assis sur un âne derrière lequel se tient un bacchant jouant de la flûte. Le défunt, âgé d’une cinquantaine d’années, était certainement un personnage important, les individus influents ou riches étant les seuls à pouvoir s’offrir le luxe d’un tel sarcophage. L’ensemble a été daté de la fin du IIIe / début du IVe siècle.

Sarcophage antique en plomb

La sépulture 10 du cimetière mérovingien du quartier Saint-Brice dite « tombe de la princesse saxonne »

Cette tombe féminine à caractère aristocratique de la fin du Ve ou du tout début du VIe siècle

comportait entre autres un bracelet massif en argent doré aux extrémités ornées de têtes animalières stylisées, une passoire à vin en bronze doré au manche gravé d’un animal serpentiforme, un petit vase orné de dépressions, un pichet traduisant des contacts avec les régions rhénanes, une perle d’ambre d’originaire Baltique, plusieurs pendentifs.

La variété et la richesse du contenu caractérisent cette inhumation aristocratique (bracelet d’argent massif rappelant celui en or de Childéric) évoquant des courants d’influence ou des échanges avec le nord, le sud, l’est. On ne sait si cette très jeune fille appartenait à la communauté franque ou était d’origine étrangère.

Musée d’Histoire Naturelle et Vivarium

L’éléphant d’Asie

L’éléphant d’Asie est le premier éléphant naturalisé présenté en Belgique, à l’époque où ces animaux n’étaient connus qu’au travers des écrits et des illustrations. Une correspondance datant de 1839 entre M. Deyrolle, naturaliste à Paris, et Barthélémy Dumortier, fondateur du Muséum, en retrace son histoire. La peau tannée, achetée pour 800 francs, sera montée et présentée au public en 1841. Ainsi, Tournai devenait la première Ville de Belgique à posséder un animal de cette importance ! Malheureusement, l’éléphant tournaisien va lentement se dégrader, subissant les dégâts du temps et de 2 guerres. En 2002, une restauration exemplaire de ce spécimen a pu être menée à bien notamment grâce à un important don anonyme fait à la Société d’Encouragement du Musée d’Histoire naturelle.

L’éléphant d’Asie

Musée d’histoire militaire

Chambre à feu

En septembre 1346, un canon est essayé à Tournai : installé hors les murs, dans la direction de la porte Morelle, il propulse par-dessus les deux enceintes un projectile qui vient tuer un passant sur la terrasse Saint Brice, à plus de 400 mètres de là... L'année suivante déjà, des armes à feu sont employées pour saluer l'entrée du pape Clément VI. Quelques décennies plus tard, la ville est devenue un centre de production d'artillerie à feu important et dès 1381 elle dispose pour sa défense d'une compagnie de canonniers.

En 1945, la comtesse DUMORTIER a offert au musée d'Armes de la Ville de Tournai cette pièce exceptionnelle en fer forgé qui constitue la chambre à feu amovible d’une pièce longue de 3 mètres. Elle a été découverte lors du déblaiement de son hôtel de la Grand-Place ruiné par les bombardements de 1940, à quelques dizaines de mètres du Fort Rouge.

Fusil d’infanterie hollandaise perdu sur le champ de bataille de Fontenoy

Les caractéristiques du fusil laissent entendre qu’il ne peut s’agir d’une arme d’infanterie anglaise ni française, ni par ailleurs une arme de cavalerie.

En 2015, appel est fait aux compétences d’un expert, conservateur au Nationaal Militair Museum de Soesterberg aux Pays-Bas. Ce dernier, après avoir examiné l’arme à Tournai, avoue sa circonspection. Il est donc décidé, à l’époque, de ne pas pousser plus loin les investigations compte tenu de l’état de l’arme et de sa fragilité.

Fusil d’infanterie

La solution de l’énigme vient trois ans plus tard. Découvert par hasard sur un site de vente, un fusil présenté comme modèle norvégien de 1774 est acheté à Tongres à un amateur qui précise lors de l’échange l’avoir acquis dans une brocante d’un village proche une vingtaine d’années auparavant. Ce fusil est strictement similaire au fusil du Musée d’Histoire militaire de Tournai, mais en bien meilleur état de conservation.

fusil provenant du site de la bataille de Fontenoy : il est bien hollandais.

Historique de l’acquisition

En 2015, à la faveur de l’annonce dans la presse de l’ouverture au musée d’Histoire militaire de Tournai de l’exposition De Fontenoy à Waterloo, à l’occasion du 270e anniversaire de bataille de Fontenoy et du bicentenaire de la bataille de Waterloo, le musée s’est vu proposer à l’achat par un couple de Tournaisiens un fusil réputé par tradition orale provenir du champ de bataille de Fontenoy (1745). Le couple avait reçu cette pièce du dernier survivant de la famille Vanderperre, d’Antoing, en remerciement de services rendus et peu avant la mort de ce dernier. L’intéressé leur avait maintes fois précisé que ce fusil, détenu par sa famille depuis plusieurs générations, avait été recueilli par un ancêtre sur le territoire de l’ancienne commune de Péronnes, localité qui se trouve au sud du front d’attaque des troupes hollandaises dirigé sur les redoutes et défenses françaises aménagées d’Antoing à Fontenoy. La possession de longue date de ce fusil par la famille Vanderperre étant bien établie, la Ville de Tournai acquit le bien en avril 2015.

Motivation du classement

Ainsi donc, ce fusil « de Fontenoy » exposé au musée d’Histoire militaire de Tournai est remarquable tant du point de vue historique, comme relique d’une des batailles les plus célèbres de l’histoire de France sinon même de l’Europe, que du point de vue patrimonial, comme rarissime exemple (il s’agit du seul fusil hollandais de la bataille de Fontenoy, d’officier probablement, conservé au monde) subsistant de l’armement de l’armée hollandaise durant la guerre de Succession d’Autriche, ou encore comme témoignage de la production armurière liégeoise au milieu du XVIIIe siècle. La provenance et la rareté de ce fusil ont été validées par des autorités incontestables en la matière : Mathieu Willemsen aux Pays-Bas, Alain Tripnaux en Belgique, sans oublier Charles Deligne, conservateur du Musée d’histoire militaire de Tournai. Cette arme est désormais connue à l’international dans la littérature spécialisée : elle est reprise en photo dans l’ouvrage Fontenoy 1745. Cumberland’s bloody defeat de Michael McNally publié en 2017 dans la série « Campaign » (n° 307) des éditions Osprey, les plus spécialisées en la matière. Le fait même de la transmission du fusil de génération en génération dans la famille de celui qui l’a récupéré sur le champ de bataille, puis de sa cession 270 ans plus tard au musée d’Histoire militaire de Tournai à l’occasion d’une exposition célébrant Fontenoy témoigne incontestablement de l’attachement d’une communauté qui a consacré cet artefact comme « relique ». Il faut bien comprendre l’importance que la bataille de Fontenoy, au-delà de son retentissement international, prit d’emblée dans la mémoire collective de la région de Tournai et singulièrement dans les campagnes au sud de la ville, autour d’Antoing et du petit village de Fontenoy. Cette dimension historique du transfert dans le temps, qui redouble la dimension historique de la bataille, explique aussi la valeur de l’arme et justifie la sélection du critère de la reconnaissance du bien par la communauté en tant qu’expression de son identité historique, esthétique ou culturelle.

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